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Chronologie du parcours politique de
Jacques Piou
 Carte Postale de Jacques Piou
En 1870 il commande les mobilisés de Toulouse Avocat de formation au barreau de Toulouse, il plaide lors de procès célèbres dont celui des Dominicains, ou il succède à P Antoine Berryer dans l’affaire du RP Lacordaire. Partisan d’une libre démocratie, il fonde en 1868 le Progrès Libéral ; il abandonne la magistrature en 1878 il rentre alors dans une carrière politique, elle durera 41 ans. Son premier mandat débute avec une élection comme Conseiller Général. Ce poste est acquit en 1878, il représente les habitants d’unquartier de Toulouse. Son positionnement est très marqué, il se réclame et défend avec passion les idées Monarchistes..
Les Monarchistes de Haute Garonne le place sur une liste conservatrice sur laquelle il est élus 2ème sur 7 par 54,496 voix (108,936 votants et 138,226 inscrits). Il prend place à droite et se fait rapidement remarquer par ces talents d’orateur.En juin 1886 il s’oppose vigoureusement à l’expulsion des Princes, au nom de la Liberté et à la loi contre l’enseignement primaire. Ses interventions, au nom de la droite, s’élargissent à des interrogations majeures pour l’époque, affaire Wilson (1)* révélées lors du procès Caffarel-Limouzin.
Des interventions et des réflexions fortes, propres à faire évoluer la droite qu’il souhaite rassembler au sein d’un même parti républicain. Homme de conviction il n’hésite pas à voter fréquemment avec la minorité de la Chambre, en particulier il s’oppose au retour du scrutin d’arrondissement (11 février 1889), il est favorable à l’ajournement indéfini de la révision de la constitution, contre les poursuites contre trois députés membres de la Ligue des patriotes, contre le projet de loi Lisbonne restrictif de la Liberté de la presse, contre les poursuites contre le Général Boulanger.
En 1889, Jacques Piou se présente de nouveau dans la Haute Garonne, il choisit l’arrondissement de Saint Gaudens, où il est élu au second tour de scrutin par 7228 voix contre 6229 à Monsieur Cruppi, avocat général à la Cour de Cassation. Dès son retour à la Chambre, il commence à définir une nouvelle politique d’adhésion à la république qui deviendra le « ralliement ». Il constitue un nouveau groupe parlementaire, la « droite indépendante » ou « républicaine », appelé aussi souvent « droite constitutionnelle »
Cette attitude provoque, à son origine, de nombreuse polémiques. Jacques Piou exposera lui-même à la tribune de la Chambre les grandes lignes de cette nouvelle politique générale du Gouvernement Ribot en 1891. En dehors de cette action d’une grande importance et qui le confirme comme un des grands leaders de la droite, il participe à l’activité législative. Il est chargé de nombreux rapports. Il intervient dans toutes les discussions importantes. Son discours du 20 janvier 1893 en faveur du maintien intégral du budget des cultes, très applaudi, rallie la majorité de la Chambre. En 1893, il se représente devant ses électeurs de Saint Gaudens  En haut gauche la signature de J Piou Il est battu dés le premier tour de scrutin par M Bepmale, maire socialiste de Saint Gaudens , candidat radical socialiste. Il se retire dans ses vaste domaines de Gironde, à Sadirac.
Durant cette période il se consacre aux questions agricoles. Il anime de très nombreuse conférences et fonde le syndicat des propriétaires de la Gironde, dont il est le président. En 1898, il se représente à Saint Gaudens, il bat au premier tour celui qui l’avait éloigné de la Chambre en 1893, M Bepmale. Son succès est acquis dès le premier tour par 7319 voix contre 6495. Son retour à la Chambre lui procure l’occasion de prononcer de très nombreux discours qui resteront forts et célèbres. L’affaire Dreyfus, les affaires de Chine et la déchéance de Paul Déroulède lui permettent de revenir au premier plan.
Il fonde en 1901, « l’Action Libérale Populaire », dont le but est de défendre ou conquérir toutes les libertés légitimes, en premier lieu, la liberté religieuse. Il préside le groupe de ce parti à la Chambre, qui compte alors trente-trois membres.
En 1902, il est de nouveau battu par Bepmale, avec 5973 voix contre 7083. Il n’en continue pas moins son action politique. Il prononce des discours dans toutes les grandes villes de France et même une vaste campagne de propagande en faveur de l’ALP qui, en 1906 compte 260 000 cotisants. Aux élections il quitte la Haute Garonne et seprésente en Lozère.
Un bon choix puisqu’il est élu à Mende dès le premier tour avec 7193 contre 4269 à Faves, candidat des gauches – En 1910, il est réélu au premier tour avec 6442 voix contre 5150 à Paraf. En dehors de son action politique générale qu’il poursuit, il s’intéresse à divers travaux de la Chambre et tout spécialement aux budgets.
Il publie également différents ouvrages :
Discours parlementaires(1909)
Questions religieuses et sociales (1910) Le budget de 1911 (1911). Réélu en 1914, il devient vice-président de la commission du budget en même temps que membre de la commission des affaires étrangères, où il succède à Albert de Mun.
Pendant la guerre, il est délégué du parlement aux armées. Au lendemain de l’armistice, il joue un grand rôle dans la formation du bloc national en suggérant la laïcité qui, seule, pouvait permettre de faire l’union.
Agé de 81 ans, il ne fait pas acte de candidature aux élections de 1919.
Il se retire en Gironde et se consacre à sa propriété de vignobles (Château Tustal ) et à l’administration de la petite commune de Sadirac dont il devient le Maire en 1912
- Egalement président de la Société d’Agriculture de la Gironde.)* de mai 1895 à janvier 1898.
41 ans au Service de la France
Jacques Piou dans son époque
Simplement pour défendre la Liberté
Piou (Jacques, Gustave), né le 6 août 1838 à Angers (Maine-et-Loire), mort le 12 mai 1932 à Paris
– Profession avocat
Maire de Sadirac,
Député de la Haute-Garonne de 1885 à 1893 et de 1898 à 1902,
Député de la Lozère de 1906 à 1919.
A voté contre la loi sur le droit d'association
A voté contre l’abolition de la peine de mort en 1908
Depuis longtemps, j’ai le souvenir d’un contrat passé, je ne sais quand ni sous l’influence de qui, entre Alain Darmian et son village. J’ai toujours rêvé de voir Sadirac reconnu parmi les plus beaux, les plus animés le plus attachant des villages de France. J’ai toujours voulu trouver dans l’histoire de Sadirac, les personnages, les événements dignes de figurer dans les livres d’histoires.
C'est au détour d’une conversation familiale, que j'ai our découvert l’histoire de Jacques Piou.
Ce Maire de Sadirac entre 190 ?? et 19 ?? a pour attirer l’attention son seul poste de premier magistrat de la commune et certainement aussi d’être le dernier grand bourgeois de Sadirac propriétaire du Château Tustal . Aujourd’hui, je tire un bout de ficelle (Internet représente un extraordinaire outil de travail) sur lequel on écrit Jacques Piou et loi de 1905. ½ seconde et belle pioche, des milliers de pistes s’ouvrent l’homme à passé 41 ans de sa vie à batailler contre les freins, les obstacles mis par les uns et les autres pour trouver et dégager une voie vers la République et reléguer la Monarchie au rayon des souvenirs.
Mon Grand-père, vieux socialiste incorrigible parlait du Château Tustal et de son propriétaire, avec des mots marqués par l’ambiguïté de cette époque. Patron, maître, religion, république liberté, et stigmate du passé caractérisé par la domination d’une classe sociale, les monarchistes, remplacés de fait par la classe bourgeoisie.
Millerand, Georges Clemenceau, Jean Jaurès, Le Comte de Paris, Fallières, Jules Grévy, Raymond Poincaré, Emile Loubet, Sadi Carnot, Faure, Casimir Perrier, Paul Deschanel, Waldeck Rousseau, Emile Combes, Aristide Briand ont été les contemporains de Jacques Pigou.
C’est face ou avec ces hommes politiques que Jacques Pigou a construit une carrière politique d’une rare durée (41 ans).
Il place la Liberté comme l’assise même d’un état démocratique et moderne. Il se bat pour la liberté dans l’organisation du travail et pour le bien être des travailleurs. Sa ligne politique le conduit à condamner sévèrement (1902) les riches manquant à leur devoir à leur mission sociale. L’histoire raccourcie d’un monarchiste catholique, dont la religion aura été aussi celle de la Liberté.
Je vous propose de vous faire votre opinion de découvrir un résumé de la vie de notre Sadiracais d’adoption, vous allez vite comprendre le rôle central joué par celui qui fonde en 1902 l’un des plus grand parti politique de l’époque l’Action Libérale Populaire. Jamais dépassé, souvent en avance sur son temps ce grand bourgeois, patient et fin stratège, sera l’homme qui fera bouger les frontières entre les droites avec un résultat majeur l’acceptation de la République par une population très largement hostile à cette institution. Il fait entrer son parti politique dans la modernité : le combat démocratique d’opposition. Si la période est novatrice, propice a l’exaltation elle défriche les chemins du combat mené avec son bulletin de vote, et l’acceptation du résultat des urnes.
Il n’en reste pas moins un phénomène connu et récurent dénoncé à chaque grand rendez-vous électoral, le désintérêt des citoyens pour la chose publique. Qu’en disait Jacques Pigou « Combien de gens déclarent aujourd’hui qu’ils se désintéressent de la lutte politique; on leur parle lutte: ils ne la veulent pas. La Politique les dégoûte et je dois avouer que je les comprends un peu…Je comprends la répugnance qu’elle leur inspire et la joie qu’ils éprouvent à la fuir.
Mais nécessité n’a pas de loi. Il faut vivre d ‘abor- Primus vivre - Quand la tempête bat les flancs du navire, il faut que tout le monde monte sur le pont et fasse la manœuvre car, si le navire sombre, tout le monde se noie » Il lui est arrivée plusieurs fois de rater son positionnement, mais, au terme d’une présence au plus haut niveau de la vie politique française durant 41 ans, il apparaît que Jacques Pigou est un de ces hommes oublié par l’histoire.
Bien sûr on se souvient le plus souvent des vainqueurs, ici ce sont les Radicaux Combes, Clemenceau, Ferry, et du côté des «vaincus» l’histoire à préféré mettre en avant comme acteur principal de l’épisode lourd qu’a été la séparation de l’Eglise et de l’Etat. Albert de Mun, avec lequel il agira parfois en contradicteur parfois en complément mais toujours sur la base d’une relation fondée sur une amitié sans faille. Albert de Mun continue de vivre dans les mémoires son nom orne plusieurs rues de villes françaises et un lycée privé porte son nom. Jacques Pigou n’a rien, ni a Bordeaux ni à Sadirac, pourtant son rôle fût essentiel il se situe en dehors des extrêmes. Les opposants à sa politique, se situent aussi bien à droite qu’à gauche.
Bizarrerie de l’histoire c’est la loi de 1901, qu’il combat en son temps, et contre laquelle il s’est exprimé à la Chambre qui lui permet de créer ce parti politique le 17 mai 1902 (durée de vie trente et un ans). Dans un premier temps ce vote m’est apparu comme une tache dans un parcours extrêmement homogène bâti autour de la Liberté. La surprise naît de la lecture des arguments avancés par Jacques Piou, la défense de la Liberté. Orateur exceptionnel, il a laissé de nombreux discours d’une grande qualité, sur des sujets aussi variés qu’inattendus. L’expulsion des Princes, l’affaire Boulanger, la Marine et le droit de visite, le complot, et les affaire de Chine… Je ne résiste pas à noter avec, vous vous en doutez, une grande satisfaction pour le sadiracais que je suis, que les Papes Léon XIII et Pie X connaissaient Sadirac. Léon XIII ayant reçu en audience privé Jacques Piou durant 2 heures.
Le petite Histoire c’est celle que je tente de résumer dans les lignes qui suivent, la Grande Histoire c’est bien celle d’un homme fidèle à ses idées, défenseur permanent de la Liberté qui a largement et concrètement contribué à consolider le fonctionnement démocratique de la France. Même et surtout si bons nombres de ces idées ne sont pas les miennes, mon interprétation des faits ne manquera pas d’une influence évidente celle de la solidarité du pays, pour lui qui l’a accueilli comme Maire et moi simplement qui m a vu naître. Le témoin, l’acteur, d’une époque décisive pour la République.
Je vais vous parler d’un temps ou les principes de vies qui sont désormais les nôtres n’avaient pas pignons sur rue. D’un temps ou la démocratie cherchait une existence légale, son positionnement, sa voie, surtout sa pérennisation Juste après la déroute de Sedan, 1870 et ses conséquences directes, (Commune et montée d’une conscience populaire de classe) perte de l’Alsace et la Lorraine, le 4 septembre La foule parisienne envahit le Palais Bourbon.
Les députés républicains (Gambetta, Favre, Ferry) réunis à l'Hôtel de Ville constituèrent un gouvernement provisoire et proclament la Troisième République. Elle sera contestée dans sa pérennisation et ses adversaires n’oublient jamais durant cinq ans de la qualifier de provisoire. Les institutions politiques de la France oscillent alors durant 5 ans entre plusieurs directions, la boussole à de quoi s’affoler, entre les Bonapartiste, les Royalistes, les Républicains, les Francs-maçons, les extrémistes catholiques, chacun y va de son choix, et surtout on va le voir chacun n’a qu’un seul objectif laminer l’autre, le faire disparaître du paysage avec ses idées. Elle est parvenue à s'imposer malgré d'importantes crises politiques affaire Dreyfus, scandale des Décorations, scandale de Panama, crise boulangiste l'instauration de la laïcité par la loi de séparation des Églises et de l'État, la création de l'école publique, la guerre scolaire qui s'ensuivit, etc. La Troisième République fut le régime politique de la France de 1875 à 1940 Elle constitue encore à ce jour la plus longue des républiques françaises. (65 ans). Petite République est devenue grande en surfant sur les hésitations et mauvais choix des Royalistes. Porté par le Comte de Chambord le débat consterna les plus royalistes des royalistes, le prétendant à la couronne de France voulait rétablir l’emblème de sa famille le drapeau blanc au dépend du drapeau tricolore Créée dans un contexte parlementaire majoritairement royaliste et bonapartiste, la troisième République s’impose par défaut avec l’aide de Thiers et Mac Mahon et grâce à un amendement présenté par un député modéré M Wallon « Le président de la république est élu à la pluralité des suffrages par le sénat et la Chambre des Députés réunis en Assemblée Nationale. Il est élu pour Sept ans « La troisième République était née (avec une seule voix de majorité) avec une Constitution, votée avec les voix de 12 conservateurs libéraux serviteurs dévoués du Comte de Paris.
La démocratie s’impose
Après la défaite de Sedan, la France mettra une dizaine d’années avant de retrouver ses esprits, les républicains profitent de cette période de flottement pour renforcer l’institution.
Dans sa première année de création elle gère la déroute et sa première conséquence la Commune de Paris. Les Versaillais finissent par l’emporter, il (pensent) régler cette éruption sociale en déportant et fusillant à tour de bras. Une graine avait été plantée elle germera sous la forme de syndicats de partis politique d’un besoin intense de réformer les relations entre l’Etat et les citoyens. Une autre voie a été ouverte. Du cote des attitudes répertoriées il y a : la droite " pure ", monarchiste et cléricale elle se regroupe autour d’une position hostile à la société moderne et à la République, qu’elle qualifie de réactionnaire. Il y a la vraie gauche, républicaine, laïque et démocrate qui a le même statut épistémologique. Ce qui implique d'y admettre l'ensemble socialiste, émergeant avec Jaurès ; à la condition que soient également récuses la part " avancée " du radicalisme et les bouffées d'anarchisme, analogues a celle des ouvriers de l'arsenal de Brest, ouvriers d'état, protestataires qui, a ce titre, sont décrits comme enfantins et alcooliques. Entre les deux pôles il y a ces zones fluctuantes, sans statut ni homogénéité, ou l'on retrouve les républicains populaires, les bonapartistes toutes ses perplexités, accèdent dans la meilleure hypothèse au statut du boulangisme (regardé comme une " éruption). Chez les républicains démocrates l'attitude laïque et émancipatrice, est le principe phare de la modernité.
Il n’en resta pas moins que le chantier France est celui d’une ville envahie de grues, d’échafaudages, de multiples barrières de sécurité, de lieux interdits. Un peu comme Bordeaux entre voiture et tramway. Les hommes politiques eux dessinent au crayon le contour d’une république crédible et efficace, la troisième née par défaut avec les voix de monarchistes, se révèle au bout comme la plus fondatrice de nos valeurs. Elle est passée du théorique réclamé lors de la prise de la Bastille à la pratique jamais mise en place durant 100 ans. Une belle époque, les hommes et les femmes devaient avoir conscience de l’opportunité offerte à leur chemin de vie, participer à la construction de principes porteurs de démocratie, d’égalité de fraternité. Les plus novateurs cherchent à ouvrir des voies des espaces de liberté ou il fera bon de respirer,
Quelques professeurs Tournesol, veulent éradiquer totalement, au nom de la Liberté, les «maux» ancrés par des siècles de prédominances religieuses sur l’économique mais aussi et surtout sur les consciences et les règles morales. D’autres cherchent, pour les plus durs, à préserver leurs privilèges ils rêvent d’un retour de la Monarchie, d’autres encore postulent à l’établissement d’une société ou le grand architecte de l’univers serait modèle.
Une nouvelle époque
Une belle époque. La belle époque, chantée, dansée, peinte. Les arts créaient un monde nouveau. Le passage d’un siècle à l’autre, accompagné du passage d’une société à une autre offraient des perspectives de changements telles que la créativité touché l’ensemble des composantes de la société. Les résultats c’est le marquage des esprits par pleur des chemins ouverts, nous les empruntons encore aujourd’hui. Les concepts de l’art nouveau, fauvisme, impressionnistes, sont les socles et la déclinaison de la quasi-totalité des œuvres accrochées sur les murs de nos musées. Les contraintes, les canons imposés par la morale conservatrice en vigueur durant plusieurs siècles existent toujours, mais ils ne s’imposent plus comme la seule référence. La liberté prend son envol, passe des esprits, dans la vie de tous les jours. Les écrivains, mettent en scène le sort quotidien des hommes et des femmes de l’époque. Une révélation puissante des mots, gravés pour toujours, par Emile Zola, Victor Hugo.
Un Empire colonial
Rien n’est jamais parfait en ce bas monde, car au moment où l’on parle de liberté de ne pas subir le poids d’une morale omniprésente, à l’époque la morale chrétienne, la France se construit un empire colonial, et impose sa vision des choses. Ce sont les figures marquantes de la République, Léon Gambetta, Jules Ferry, Leroy Beaulieu, les plus favorables à l’expansion de l’influence de la France dans le monde. Jules Ferry donne un argument d’une modernité extraordinaire pour justifier sa politique « il faut grâce aux colonies trouver de nouveaux consommateurs sinon c’est la faillite de notre société moderne. Un autre combat se déroulait hors de nos frontières il remettait en scène l’opposition entre la France et L’Allemagne vainqueur de 1870. De l’Afrique du Nord, à l’Afrique Centrale, de l’Extrême Orient à la Polynésie, l’empire se constitue, seuls les socialistes par la voix de Jean Jaurès combattent cette politique.
Le Social
Au travers de ces quarante années passées sur le devant de la scène politique Jacques Piou à souvent suscité la prise de conscience autour de lui il a initié un engagement que l’on peut qualifier de militantisme catholique. Des sociétés de secours mutuel, aux syndicalisme, en passant par la création des grands partis politique et la place des femmes dans la société, les caisse de retraites, le courant de pensée porté par les catholiques comme Jacques Piou, a tous mis sur les rails. Il faut reconnaître qu’Albert De Mun son ami de toujours, développe une doctrine sociale forte. Il tente de créer des structures corporatives ou il espère une cohabitation entre patron et ouvriers.
Une réconciliation du capital et du travail. Savoir si ces grandes idées furent conçues autour des religieux ou autour des républicains révolutionnaires reste une affaire de spécialistes, dont je ne suis pas. Cette pensée sociale – la source de ce qui est aujourd’hui la démocratie Chrétienne - le Pape Léon XIII y apporta sa pierre avec l’Encyclique Rerum Novarum.
L’INSTRUCTION
La qualité d’homme libre passe impérativement par l’acquisition de connaissances. La maîtrise de l’écriture et de la lecture sont essentielles, le citoyen français de cette époque ne disposait absolument pas de ces outils, il ne disposait pas d’une seule langue, les « patois » ou langue régionales régnaient en maître. Jules Ferry figure emblématique de la mise en place de l’école gratuite et obligatoire La laïcité bien malmenée dans notre début de siècle offre avec son entré en vigueur en 1905 un développement extraordinaire de l’instruction Pour Jacques Piou la question n’est pas de refuser l’élargissement de l’acquisition de la connaissance mais bien de mener un combat. face à la disparition d’un monopole entre les mains des religieux.
La science comme référence
L’édification novatrice originale, exemplaire de la société moderne que l’on connaît est marquée à cette époque par la prédominance des sciences et des hommes de sciences nous en sommes les héritiers La recherche du pourquoi du comment prend une place importante dans la société. La vérité contrôlée, vérifiée en s’attachant aux faits. Alors l’existence de Dieu dans tout cela passe semble t-il au second plan. Invention du cinéma du téléphone du chemin de fer.
L’apprentissage de la démocratie
De ce bouillon d’idées, constitué par une multitude de cultures, né d’une république par défaut, va se bâtir notre monde politique. Et a y regarder de plus près il ressemble comme deux gouttes d’eau à celui d’aujourd’hui. Les partis politique usent des même arguments, charcutage électoral, bataille pour le scrutin à la proportionnelle, trahison, tromperie.
La société politique se cherche, les hommes politiques lient des alliances douteuses destinées à faire tomber un gouvernement. C’est pourtant dans cette ambiance que deux lois fondamentales pour notre république sont votées. En premier celle autorisant le droit d’association (1901) et ensuite celle dite de séparation de l’Eglise et de l’Etat (1905.).
La loi de 1901 La loi sur le droit d’Association se positionne aujourd’hui comme l’une des plus favorables à l’expression de la Liberté. Pour Jacques Piou elle à été vécu comme une loi inique votée avec un seul but détruire la religion et l’obliger à passer par des autorisations administratives, un contrôle impensable, qui mettait à distance le fondement même du mot Liberté. Les premiers textes assimilaient les manifestations religieuses à des manifestations associatives classiques.
Une messe, un chemin de croix ou une procession devaient obtenir l’aval des pouvoirs publics. Avec le temps le décalage entre les représentants du peuple et le peuple est apparu immense. Son refus, argumenté et logique exprimait à l’époque une opposition aux conditions faites aux organisations religieuses, la loi prévoyaient d’appliquer des règles beaucoup plus contraignantes lors de leur création. Une privation de liberté dénoncée brillement à la tribune de la Chambre Cette loi comportait à son origine deux parties.
La première accordait à tous les citoyens la liberté d’association, la seconde la subordonnait en ce qui concerne les religieux à l’autorisation par la Chambre et le Sénat.
Il s’insurgeait violemment à la tribune de la Chambre des députés : « Il suffit de lire la Loi pour voir qu’elle a été moins faite pour restituer à la généralité des citoyens un droit dont elle est depuis longtemps privée, que pour retirer à quelques-uns la tolérance dont ils jouissent »- « Il suffit au moment ou l’on dispense les associations laïques de toutes autorisation, de soumettre les associations religieuses à une autorisations préalable et de choisir la plus rigoureuse de toutes.
Qu’aucun ordre religieux ne puissent naître sans un vote au parlement, qu’il soit obligé d’avoir pour le Sénat pour parrain et la Chambre pour marraine et les plus timorés devront être rassurés. » Pour argumenter sur le sort particulier et injuste fait selon lui aux organisations religieuses, Piou charge à fond vers l’ennemi invisible présent au sein de la majorité, la Franc-maçonnerie : Il existe d’autres associations exerçant une action sociale et politique ; il y a en France des libres penseurs militants qui rêvent et poursuivent la destruction du catholicisme. : La Franc-maçonnerie ne couvre-t-elle pas la France de ses loges et de ses ateliers, groupant partout ses adeptes, les soumettant à des épreuves dramatiques et les faisant passer, grâce à des initiations successives , par tous les degrés d’une hiérarchie mystérieuse et compliquée, exigeant d’eux le dévouement et le secret.
N’est –elle pas une force Comme souvent Jacques Piou fin orateur et argumentateur, appuyait ses interventions sur des faits historiques comme le montre bien cette intervention à la Chambre des Députés : « Ce que veulent les socialistes...c'est arracher les consciences au pouvoir spirituel et conquérir la direction de l'humanité .à gauche : Ce ne sont pas seulement les socialistes qui le veulent, ce sont tous les républicains...Que la loi soit une mesure de combat, personne ne le nie;...si elle édicte quelques règle générales, c'est pour avoir une occasion d'y greffer des mesures d'exception. ...La société actuelle, telle que vous l'avez conçue, ne repose-t-elle pas sur l'indépendance absolue des idées et des systèmes ? Ne le proclamez-vous pas vous-même ?
Ne le répétez-vous pas tous les jours ? ...Si vous pouvez interdire l'action sociale et politique, vous voilà érigés en juge des doctrines, des opinions et mesurant vos faveurs aux dangers qu'elles peuvent vous créer ! ... La liberté pour tous, soit ! Mais la liberté pour tous les ordres religieux comme pour la franc-maçonnerie et pour l'union socialiste ! ...Le jour où vint en discussion l'article de la Constitution de 1793 relatif à la liberté du culte, le plus brilla des orateurs de la Gironde, qui en était aussi le plus sceptique Vergniaud, monta à la tribune ; veuillez l'écouter : ``On comprend que l'Assemblée constituante ait proclamé la tolérance ; mais aujourd'hui l'homme est libre dans sa pensée et dans son culte, libre de se tourner vers l'Orient ou vers l'Occident pour saluer la divinité.
Vous ne pouvez la consacrer par un article sans laisser soupçonner que sans lui cette liberté n'existerait pas'' [Danton qui l'enverra quelques jours plus tard à l'échafaud, déclara] ``Je félicite Vergniaud d'avoir proclamé de grandes et d'éternelles vérités''...
Ces hommes, hélas ! ne s'appartenaient pas; à peine descendus de la tribune, le torrent les emportait; et, après avoir jeté un grand cri en l'honneur de la liberté, ils rentraient dans la lutte avec plus de colère, plus de violence que jamais ! Leurs actes alors désavouaient leurs paroles.
Mais la vérité qu'ils ont proclamée dans un grand élan de clairvoyance et de justice survit à leurs erreurs, à leurs erreurs, à leurs contradictions, à leurs crimes même.[pour la rédaction et la signature du Concordat] Napoléon... n'a pas remporté sur ses ennemis de victoire plus difficile que celle qu'il a gagné sur ses amis libres-penseurs, animés de toutes les passions de la Révolution...
Dites-moi donc quelles associations civiles ont pu, comme les congrégations religieuses, naître et grandir ! Les associations politiques ! Je les vois à toutes les époques en police correctionnelle : sous la restauration, les amis de la presse ! Sous Louis-Philippe, les accusé d'avril ! sous l'Empire, les treize !... Pour vous, République et Révolution signifient:'' Souveraineté absolue de la raison et puissance indéfinie de la science.''....que la loi sur les associations Il est évident de penser que les politiques porteurs de cette réforme aient pas voulu par cet acte détruire le clergé et par conséquence la religion chrétienne au regard des écrits que j’ai analysé, le plus marquant ne reste pas les visons diamétralement opposées des uns et des autres, mais que dans chaque camps, il nous apparaît à l’évidence aujourd’hui des arguments mouvants ayant déviés et aboutis à un texte très loin de celui d’origine.
Et surtout vite montré des signes d’usure face à la réalité du terrain C’est l’une des premières marques de ce que l’on appelle un compromis sur cette loi, Jacques Piou a été du combat de la liberté ses interventions en portaient clairement la marque.
Elles ont guidé la plume d’Eugène Florence « La lutte par l’association page 13
–« La France n’est pas athée, elle garde une foi latente, intime qui se traduit en certaines circonstances de la vie individuelle. Mais cette foi est inactive, elle redoute de s’affirmer » Une certitude constante guide l’Action de Jacques Piou, il n’est point de salut pour la religion si l’on compte exclusivement sur les forces catholique militantes. Il votera contre la loi de 1901. Il sentait simplement le piège tendu par les adversaires de l’église. Son action a provoqué des réactions propices à un aménagement certain, toujours est-il qu’elle a favorisé l’expression de la liberté. Beau clin d’œil de l’histoire, car Piou s’en servi pour créer son parti politique.
Autre clin d’œil de l’histoire, en ce début de XX1ème siècle, les craintes formulées par Jacques Piou s’avèrent parfaitement dépassées, a tel point que le soucis présent est bien inverse trop d’associations Cultuelles incontrôlables s’abritent derrière la loi de 1901.
La séparation de l’Eglise et de l’Etat
On vient de fêter le centenaire elle met en scène les mêmes acteurs, ou plutôt les courants de pensées analogues. Au terme d’un long parcours de pensées Jacques Piou, l’a accepté et a même favorisé le vote de la loi par une action « Le Ralliement » C’est à coup sûr le principal et le plus riche des rôles de Jacques Piou, il occupe les devants de la scène politique tant sur le plan national qu’international Il va sur ce point majeur la Laïcité, va forger son image et bâtir son parti politique l’un des plus grand et important qu’ai connu la France. C’est le point d’orgue de sa carrière. Autour de cette lutte sans merci des forces énormes s’affrontent, Catholiques, Francs-maçons, Protestants. Défendue par les Républicains de gauche ou de droite comme Jacques Piou la République finira par imposer un modèle unique, particulier à la France, la séparation de l’église et de l’état.
Cette bataille débute dés 1887 avec Jules Ferry, ce jeune Franc-maçon, met en place les lois scolaires 1880 et 1882. Une chasse aux symboles catholiques conduit à la suppression des images du Christ dans les prétoires, à la mise sur la touche des aumôniers dans les hôpitaux. Une éradication totale de tous les signes religieux au sein de l’Etat. Autre temps autre langage aujourd’hui on pourrait parler de nettoyage au Karcher. Du côté du Vatican, le successeur de Pie IX, Léon XIII, invite clairement les légitimistes à reconnaître la transformation inéluctable du changement de la France et son ancrage dans République. Jusqu'à présent, le trône et l'autel avaient été considérés comme inséparables, la monarchie et la religion se soutenait mutuellement. Qui se disait être monarchiste se disait catholique et réciproquement. Mais à l'opposé qui se disait républicain se disait anticlérical.
Reste les hommes de l’ancien régime pour qui Catholicisme pouvoir ne faisait qu’un, ils traînent le pied, Cependant, les vainqueurs, qui s'étaient heurtés partout aux consciences blessées des catholiques, voulaient leur faire expier leurs inquiétudes. Ils avaient acquis la certitude que le sentiment religieux était bien plus puissant, enraciné, que le sentiment monarchique Aujourd’hui nous dirait le sondage, le roi on s’en balance mais le Pape on y tient. Des comportements identiques ont ressurgis après l’arrivée de la Gauche au pouvoir, lorsqu’elle à voulu supprimer du paysage l’école libre. Les manifestations furent nombreuses dans les rues des villes avec une participation énorme. Une réprobation portée par des citoyens de tous les bords du monde politique. Devant ce constat Albert De Mun* -l défini les revendications des Catholiques:
1° Pour l'Eglise : L’entière liberté de son ministère et la protection publique du culte catholique; l'exemption du service militaire pour les prêtres; l'organisation des secours religieux dans les camps, les casernes, les hôpitaux; le droit pour les associations religieuses de se constituer et de se développer librement; loyale et sincère application du Concordat consenti par le Saint-Siège à la France.
2° Pour la famille: la liberté complète de l'enseignement à tous les degrés et, comme minimum, le retour aux lois de 1850 et de 1875; l'instruction religieuse dans les écoles publiques et, aussi promptement que possible, l'abrogation de la loi du 28 mars 1882; le respect du sacrement de mariage qui consacre l'indissolubilité du lien conjugal et, dans je plus bref délai possible, l'abrogation de la loi du divorce; la conservation du foyer domestique par la révision des articles du Code civil limitant le droit du père de famille quant à la dévolution de ses biens.
3° Pour le peuple: la limitation du travail par le respect du repos dominical; l'interdiction du travail de nuit pour les femmes et la suppression progressive du travail à l'usine pour les mères de famille et les enfants des deux sexes, avec législation protectrice contre les accidents, la maladie, le chômage involontaire, l'incapacité de travail résultant de la vieillesse et, pour rendre cette législation pratique et efficace, une organisation corporative destinée, dans les termes de l'Encyclique Humanwn gémis « à protéger, sous la tutelle de la religion, les intérêts du travail et les mœurs des travailleurs». Huit jours suffirent pour dissiper les illusions d'Albert de Mun : l'intransigeance de la position contre-révolutionnaire, la hardiesse du programme social, les divisions des catholiques dressèrent contre lui les oppositions les plus diverses.
Le pape Léon 13 jugea alors qu'il convenait de placer la religion au-dessus et en dehors des partis Deux encycliques Imortale dei (19 novembre 1885) constitution chrétienne des Etats –.et l’encyclique Liberta Praestantissinum, sur les devoirs du chrétien le 10 janvier 1890 règlent clairement les relations entre les états et la Religion. Les catholiques doivent répudier le libéralisme sur le plan doctrinal, mais que, sans renier l’idéal de la constitution chrétienne des Etats, ils devaient se placer sur le terrain de la liberté. Ce fût la règle conduite de Jacques Piou durant toute sa carrière politique. Jacques Piou est resté porteur des valeurs Monarchiques, tout au long de son parcours. C’est dans ce contexte qu’il oriente les Catholiques français vers une acceptation de la République Un combat mené en interne dans sa propre famille politique mais aussi contre les gauches qui voit en lui un défenseur d’idées qui ne devraient pas lui appartenir. Sa grande qualité d’Homme politique consiste en la promotion d’une idée stratégique, intégrer les catholiques au sein du pouvoir afin qu’ils puissent sur le terrain des institutions publiques et démocratiques, lutter efficacement contre des lois qui les oppriment
Cette ligne politique prend un nom précis « Le Ralliement » ; Elle connaît un élan et un essor national avec la création de l’Action Libérale Populaire ; On peut définir le but de ce parti politique comme une association qui défend et cherche à conquérir toutes les libertés nécessaires à la vie de la nation, particulièrement de la liberté religieuse qui pour Jacques Piou est d’un ordre supérieur.
A la fin du 19éme siècle et au début du 20éme, les catholiques disaient subir les plus graves atteintes de la part des maçons des jacobins et des socialistes. C’était la seule justification du qualificatif Libéral, rien à voir avec sa signification actuelle. Cette période de la vie politique française tente de solder définitivement les grands principes qui ont prévalus durant des siècles le trône et l'autel avaient été considérés comme inséparables, la monarchie et la religion se soutenait mutuellement: Sa vision de la société le conduit à s’opposer à la création par son ami Albert de Mun d’un parti catholique. Le principal danger pressenti par J Piou est bien celui des conséquences d’un parti imposant une vision catholique de la société civile et par voie de conséquence. L’absence de Liberté généré par un tel système. Accéder à de nouvelles liberté s’approprier des espaces, mieux respirer, combattre farouchement pour détruire et mettre définitivement au garage ce qui était l’ancien régime et ses symboles, en particulier l’église son organisation et son emprise sur la vie des citoyens. Les enjeux de pouvoirs tournent en quasi -permanence autour de l’esprit, de la prédominance des principes moraux. L’œuvre de Jacques Piou ne le laisse pas transparaître la globalisation de cet affrontement, car son obsession, la religion Chrétienne, a trouvé en lui un défenseur acharné. Durant cette époque d’autres religions se sont trouvé face à l’assaut du petit père Combes et de son inspirateur. Cette confrontation oppose religieux et laïques. L’obsession des antis cléricaux réside là, le citoyen doit trouver Dieu que s’il le cherche, et tant qu’à faire il faut le lui cacher. D’élections en élections, les purs et durs de cette ligne révisent un discours rigide et rejeté par les électeurs. L’éducation et la liberté de débat, fourni aux citoyens la possibilité de cibler les responsabilités en rejetant non pas la religion mais les anciens dignitaires représentant l’Eglise ou la Monarchie. La religion ne pourra pas être détruite, Une chasse aux Cathos ouverte, les réprobations vont bon train, et c’est là que Jacques Piou marque se différence. Il accepte la République en fait son modèle. Son formidable talent d’orateur le conduit à prendre chez ses adversaires les arguments de son combat. Un effet miroir, sans pareil Au président du Conseil (Viviani) : «La République ouverte, c’est la liberté avec toutes ses conséquences, la controverse des partis nouveaux et des écoles diverses» C’était un beau langage conclu Jacques Piou, Aujourd’hui vous voulez fermer la République et la Tyrannie passagère vous séduit, soit. Nous, nous restons fidèles à la liberté et à toutes ses conséquences Rappelons que Combes est arrivé au pouvoir en juin 1902, après des élections qui ont été remportées par la gauche. Son ministère, intitulé le « Bloc des gauches », peut être considéré comme le premier exemple d’union de la gauche, avant le Front Populaire, le gouvernement Mollet de 1956 et la victoire de Mitterrand en 1981. Sans participer au gouvernement, le Parti socialiste français de Jaurès le soutenait. Combes a été beaucoup accusé d’être sous l’influence de Jaurès La création de l’Action Libérale Populaire
L’ALP matrice de tous les partis
La troisième république n’échappe pas aux classiques critiques comportementales, cette période ayant aussi généré les nouvelles classes sociales, bourgeois certes, mais aussi commerçants, artisans, fonctionnaires, et instituteurs, les hussards de la république. La première conséquence rapide apparaît sous la forme du groupement de ces entités au sein d’organisations syndicales avec à la clé les premières revendications salariales et sociales.
Dans un de ces fameux almanachs (1907), Jacques Piou attaque le gouvernement sur des thèmes d’un modernisme surprenant. Il fait étalage de la politique budgétaire de l’époque : il y est question de dette publique de gaspillage de déficit de fonctionnarisme avec l’évolution du nombre de fonctionnaires qui passe de 188 000 en 1846 à 450 000 en 1906.Cette période c’est tout cela, cette lutte d’influence avec pour la première fois dans notre histoire la prise à témoin des français et des française. en laissant sur la touche la grande guerre de 14/18, l’Affaire Dreyfus, les scandales divers et variés qui ont émaillé cette fin de XIXème Siècle et ce début de XXème. Un vrai mélange d’idées, porteur de nouvelles valeurs, accrochées aux anciennes, et c’est là un des paradoxes de cette époque, ni l’un ni l’autre ne seront totalement satisfaits ou insatisfaits. L’évolution des mentalités prend du temps,
La moralité, la conscience se forment, se construisent peu à peu, chez l’individu et dans une collectivité, par l’expérience, par les expériences ; et l’on apprend à être libre qu’en exerçant sa liberté.(Gustave Lanson revue bleue du 28 décembre 1907)
Certitude acquise sur le terrain durant mon parcours militant, un bon débat d’idées fait avancer les choses, une position affichée entraîne une position contraire ou complémentaire. A la lecture des débats d’idées proposés aux citoyens durant cette période, les débatteurs ont eu du travail et L'Action Libérale a été fondée en 1901 par Jacques Piou et Albert de Mun, anciens monarchistes ralliés à la République à la demande du pape Léon XIII. Défendant l'Eglise au nom de la liberté et du droit commun, elle se positionna comme un parti de centre-droit et comptera, à ses heures les plus glorieuses, 70 députés, 250000 adhérents cotisants et 2500 comités répartis dans toute la France.
Violemment combattu par l'Action française et les catholiques intransigeants, le mouvement déclina à partir de 1908. Mise en sommeil pendant la guerre, au nom de l'Union sacrée, elle ne conservait plus guère, en 1919, que ses cadres, mais exerçait une influence morale importante sur l'électorat catholique Si la révolution de 1789, a proposé un principe de fonctionnement de la société, ou plutôt avec de nombreux soubresauts rayé de la carte l’idée de Roi de droit divin, les cent ans suivants ont vu les Monarchistes, les Bonapartistes et les Républicains avec l’arrivée dans les débat et sur le terrain d’une nouvelle idée politique le Communisme se livrer un combat permanent Jacques Piou, clairement identifié de par ses positions comme faisant partie des Monarchistes purs et durs. Aura le grand mérite d’avoir compris qu’il ne pouvait plus être question d’un retour à la monarchie, la République s’imposait à toutes et à tous comme le meilleur mode de vie pour unir l’ensemble des citoyens.
Ce constat tiré d’une analyse pertinente du fonctionnement d’un monde politique attaché à imposer son seul point de vue, certes une mission logique, tout en rayant du paysage les adversaires. La fin du 19ème siècle et le début du 20ème a été à ce titre une période particulièrement riche pour la République, les principes forts et essentiels sont en débat, ils sont ceux de notre quotidien. Joseph Denais dans son livre « Un apôtre de la Liberté Jacques Piou », explique la position de Jacques Piou « L’idée essentielle est de permettre au gouvernement de vivre sans s’asservir aux radicaux, alors foncièrement fixées dans l’anticléricalisme, et de faire participer les catholiques à l’Etat en leur faisant quitter cette hostilité de principe et de tradition à la république ». Cette idée Jacques Piou la défendra face à ce qui à cette époque était désigné comme les gauches et contre son propre camps, qu’il faut mener à l’acceptation du régime républicain. Dans son entreprise il reçoit un appui incomparable dans un tel débat.
Au début de janvier 1891, le 10 pour être précis, le Pape Léon XIII reçoit en audience privé durant plus de deux heures Jacques Piou. Jacques Piou retrace cette entrevue dans son livre le ralliement page 33 : « Dès mon arrivée, je fus reçu par le Saint-Père en audience privée. Cette audience fut longue et, pour moi, émouvante. Léon XIII, sans préambule, exposa ses vues sur la France et son vif désir de les voir réalisées sans retard. Fort au courant des débats de la Chambre et de la situation des partis, il alla droit au but Après avoir loué l’initiative du Cardinal Lavigerie*, il ajouta – Vous avez une idée juste: il faut que les catholiques s’unissent sur le terrain légal pour défendre les idées de conservation et de religion. Je le dis depuis longtemps aux hommes importants de votre pays qui viennent me voir. Que les royalistes gardent leurs espérances, s’ils le veulent, mais qu’ils n’en parlent pas.
La forme républicaine est acceptée dans votre pays, il ne faut pas aller contre sa volonté, on ne pourrait rien faire d’utile. Je sais que leur demander d’accepter la forme républicaine, c’est leur demander un grand sacrifice ; mais ce sont d’excellents catholiques ; leur dévouement leur foi vive pourront seuls les décider à l’accomplir. Quoi qu’il leur en coûte, il le faut pour le bien de la religion. Moi, au fond du cœur, je suis royaliste; mais il faut se résigner à ce qui est nécessaire » Formulant ses inquiétudes d’être sans influence auprès des royalistes le Saint Père indiqua à Jacques Piou « qu’il était résolu à intervenir qu’il parlerait lui-même s’il le fallait » De son entrevue il revient impressionné par le langage clair et précis du pape, « Cet admirable langage jetait une clarté lumineuse sur l’histoire et la situation des sociétés modernes, de la France surtout : il est resté gravé dans ma mémoire comme l’éclatant témoignage des lumières surnaturelles que le chef de l’Eglise à reçu en partage.
En me congédiant, le Saint Père me demanda de ne jamais perdre courage quoi qu’il arrivât, et ajouta avec insistance que sa bénédiction ne me manquerait pas. » Avec une telle identité de vue et un tel parrain, Jacques Piou, choisi de mener le combat sur plan politique. Il évacue la formation d’une ligue confessionnelle et celle de la création d’un parti catholique choisi la création d’un parti politique porteur de valeurs humanistes inspirées de la morale chrétienne, au sein duquel se retrouveraient des hommes (pas de femmes) d’ordre et de liberté. Point essentiel des visées de Piou, agir dans le cadre des institutions établies. Son modèle il va le chercher de l’autre côté de la Manche avec le parti tory. Les positions des royalistes vont très longtemps contrarier son projet. Le Saint Père lui-même sera mis de côte. Les protestations des royalistes sont sévères elles mettent en cause le rôle du pape dans le temporel, lui indiquant qu’il faut laisser aux catholique le droit de parler et d’agir comme des citoyens libres...
Fin 1892 le but semble proche, les efforts patients de Piou peuvent déboucher sur son objectif la création de son parti politique, inscrit au sein d’une République libérale et conservatrice. Jacques Piou fonde le Comité Central de la Droite Républicaine, un embryon de parti sans organisation, les relais sur le terrain absents, il permet tout de même de rassembler des hommes influents dont le directeur du Figaro Magnaard et de nombreux avocats. Tout bascule en septembre avec la tenue d’un convent maçonnique il affirme son hostilité farouche contre l’église. Dans l’ordre du jour, sont inscrits les fondements de la loi d’association 1901 et de séparation de l’Eglise et de l’Etat 1905. Les campagnes électorales suivantes (1893) mettent en exergue non plus un sentiment antireligieux mais un rejet clair des monarchistes symboles du pouvoir religieux. Les divisions intérieures compliquent bien plus le dessin de Piou, la tâches de ces «ralliés» se heurtent à des électeurs pour lesquels une république nettement anti catholique ne peut être compatibles avec les intérêts de la religion. Le discours en retour bien huilé met en avant le travail possible de l’intérieur en utilisant précisément le principe majeur du régime républicain, la démocratie. Le mûrissement de son idée mettra une petite décennie,
La Loi de 1901 qu’il à combattu lui donnera le cadre de son action. Les élections de,,,,, ??? donnent raison à Jacques Piou, Les électeurs donne une majorité courte aux partis de gauches regroupé sous le vocable Défense Républicaine- 4.500 suffrages ce sont portée sur l’opposition de droite. Une différence de 200 000 voix. Il est temps pour Jacques Piou d’avancer de faire un pas majeur, le 17 mai 1902 il dépose les statuts de son parti politique ‘ L’Action Libérale Populaire »
Son article 2 indique les buts : L’Action Libérale Populaire à pour but de défendre sur le terrain constitutionnel, par tous les moyens légaux, et en particulier par la propagande électorale, les libertés publiques ; de favoriser les réformes législatives ; de créer ou développer les œuvres et les institutions sociales ; d’améliorer le sort des travailleurs. Son raisonnement implique le choix même du nom de son parti politique, il pense un moment l’intitulé Droite Républicaine, des mots pour lui sans rapport avec son idée de faire entrer au sens large les catholiques dans la République. Jacques Piou explique le 10 octobre 1904 dans les colonnes du Correspondant comment il s’est appuyé sur la loi de 1901 : « En France la Loi de 1901 a donné aux victimes de la politique présente une arme efficace, le droit de s’associer en une armée permanente, de mener des campagnes, de réunir des ressources. Le mérite de l’action Libérale Populaire est d’avoir, la première, compris le parti que l’on pouvait tirer de cette loi et tenté une organisation…M Thiers à dit un jour :L’avenir est au plus sages.
S’il vivait il s’apercevrait vite que son conseil n’est plus de saison. Il faut dire que nous l’avons trop pris à la lettre. Aux temps où nous sommes la sagesse est sans doute bonne; mais elle ne va pas sans beaucoup de vaillance, et la vaillance elle-même ne suffit pas. L’avenir est au mieux organisé Jacques Piou mettra son talent et sa force intellectuelle dans ce but. Il va ainsi bâtir une structure politique nouvelle, un modèle un prototype d’organisation mainte fois copié depuis.
Et cette œuvre il peut la réaliser en partie grâce à cet adversaire qui met tout en œuvre pour le faire battre aux élections de St Gaudes. Sa défaite lui donne le temps de se consacrer à la mise en place d’une structure pyramidale d’une modernité extraordinaire.
Il crée des bureaux en provinces avec des délégués et des correspondants, avec une qualité essentielles aux yeux de Jacques Piou ‘ Ils sont meilleurs juges des opportunités locales que je ne le serais à paris ». Des « messagers appelés conférenciers inspecteurs rayonnent dans toutes la France ils portent la parole du Comité Directeur, un bulletin hebdomadaire est envoyé aux abonnés et un bulletin trimestriel aux adhérents. Des Comités régionaux puis départementaux, puis cantonaux ouvrent, en 1906 ils sont plus de 1550.
Jacques Piou veille à une notion quelque peu oubliée par la suite la décentralisation. Au congrès de 1904 est affirmé Une volontés « Notre œuvre est fondée sur cette double base : l’unité et la décentralisation » Son arme favorite, le discours, Orateur de très grand talent, il fustige, chasse les moindres actes ou positions, porteuses de contraintes, de réduction de la liberté d’action. Cette époque bouillonnante, voit s’opposer des idées comme peut-être jamais n’en ont connu les Français.
Dés lors il parcourt la France multiplie les réunions publiques. Ses discours portent il fustige le manque d’esprit de groupe, valorise l’action conjointe et organisée. Il résume en fin le programme de l’Action Libérale Populaire : Liberté pour tous. Egalité devant la Loi. Droit commun. Amélioration du sort des Travailleurs. Ses partisans défileront dans les rues de Quimper et d'ailleurs, en mélangeant allègrement les notes et les paroles de "Nous voulons Dieu, c'est notre gloire", au cantique de l'Action libérale, ce qui donne : Couplet:Nous sommes d'action libérale, Nous voulons vivre en libertéPour ou non, évoluonsLa liberté, c'est notre gloireCrions : Vive la liberté!" Nous voulons croire, ou ne pas croire
Refrain :Acclamons l'action libérale, libérale, libérale.Pour tous, que la loi soit Egale, soit Egale. Vive l'Action libérale de Piou.
Avec les femmes
L'élément féminin joue dans ces évolutions de la vie politique un rôle dont on ne reconnaît l'importance que depuis relativement peu de temps. À la suite du vote de la loi sur les associations de 1901, deux ligues féminines se sont constituées afin de mobiliser les bataillons de femmes les plus fidèles à l'Église de France. La première a été fondée à Lyon en septembre 1901 sous le nom de Ligue des femmes françaises (LFF) et la seconde, résultant d'une scission à Paris en avril 1902, est qualifiée de Ligue patriotique des Françaises (LPDF).
La Ligue Patriotique des Françaises, formée en dehors de toute idée politique, uniquement pour la défense religieuse et sociale par l'Union et l'Action, a son secrétariat central 53, rue de Vaugirard à Paris. L'ALP de Piou, en septembre 1901, s'allie à La Ligue des Femmes Françaises (LFF), puis, en mai 1902, à la Ligue Patriotique des Françaises (LPDF) qui bientôt sera très présente, et très active, dans les manifestations de résistance aux expulsions en 1902, puis aux inventaires, en 1906 et durant toute la période de la séparation. Leur mission initiale a résidé dans la collecte de fonds pour financer les « bons candidats » aux élections législatives de 1902.
Elles ont accompli cette tâche de « quêteuses » avec sérieux sans que le succès soit au rendez-vous. Rapidement, elles vont se structurer pour regrouper environ un million de femmes catholiques à la veille de la Grande Guerre, c'est dire leur force de mobilisation. Cependant, à l'heure de la Séparation, ce sont déjà plusieurs centaines de milliers de femmes qui se sont enrôlées dans ces deux organisations combattantes au service de l'Église.
Ces deux mouvements distincts de femmes catholiques, se livrant une rude bataille de concurrence, vont alors renouer avec leur rôle protestataire des débuts pour tenter de s'opposer à la marche vers la Séparation. Cet ordre dispersé constitue déjà en soi un réel handicap pour livrer une telle bataille, mais la différence de leurs sensibilités politiques laisse la place à un même élan de spontanéité qui les fait s'associer à la défense de l'Église.
Chacune retrouve ainsi le souffle du combat politique qui les avait fait naître. L'existence de deux ligues tient au fait qu'une ligne de fracture s'est établie entre elles, portant surtout sur la question du rattachement avec la structure de l'Action libérale populaire (ALP).
Si la première (LFF) a refusé son inféodation au parti de Jacques Piou, la seconde (LPDF) s'y est ralliée. La LPDF, élaborée à partir du comité parisien initial, s'est alors constituée en lien officiel avec la nouvelle organisation de l'ALP. La composition de son bureau affiche clairement cette alliance. En 1906, la baronne Geneviève Reille en prend la présidence tandis que son fils Amédée assure le secrétariat de l'ALP, incarnant l'option en faveur d'un catholicisme rallié.
C'est ainsi que les positions adoptées par la LPDF sur la Séparation rejoignent celles de Jacques Piou et de son parti.
L'opposition y est donc vive, recourant à tout l'arsenal classique des pétitions et des manifestations, car le résultat aux élections législatives de 1906 peut tout remettre en question.
La lecture de son organe officiel souligne très bien la manière dont les bataillons de la LPDF ont activé leurs réseaux et leurs comités, dont l'influence s'exerce surtout dans la France du Nord.
Une machine electorale exceptionnelle
Le parti de Jacques Piou propose une organisation extraordinaire pour l’époque, il tente de maîtriser la totalité de l’information et la redirige vers ses militants ou sympathisants. Propose des lieux d’intérêts communs au service des employés comme des patrons Au plus haut de son influence l’Action Libérale Populaire fonctionne sur des principes d’organisation d’une telle qualité que ses adversaires n’hésite pas à la copier. D’ailleurs à y regarder de plus prés les partis modernes lui ont tout pris sur ce domaine. Un comité d’étude avec un bureau des archives parlementaires législatives et sociales destiné aux députés ainsi qu’à la presse libérale et aux conférenciers de l’ALP.
Un soin tout particulier est apporté aux dossiers relatifs au monde du travail. Une revue de presse, nationale et internationale des historiques de loi ou de proposition de loi, Une bibliothèque avec un classement par grands thèmes. Une compilation de toutes interventions des députés de l’ALP à la Chambre. Des tracts mis à dispositions des militants. Ils portent sur des sujets sociaux, financiers, politiques. Caricature extraite de l’Almanach L’édition d’une almanach annuel (vrai bijou de propagande), un superbe outil qui retrace les positions prise lors des congrès et renferme de très nombreuses caricatures politiques et sociales d’une finesse remarquable.
Des œuvres sociales, avec bureaux de placements pour les chercheurs d’emplois, union de travailleurs , maison du peuple, cours du soir, bibliothèque, clinique médicale, société sportives, caisse ouvrières société de secours mutuel, aide d’avocat pour des contentieux, restaurants, secours en cas de maladie, dispensaire, jardins ouvriers, .Du côté patronal l’ALP parvient a fédérer trente neuf syndicats en une Unions fédérale. Elle regroupe les divers syndicats issus d’entreprises du même secteur d’activité.
Dans la définition du rôle de ces structures le discours politique clair et assidu de Jacques Piou sur l’entente nécessaire entre patrons et travailleurs « Les unions fédérales entretiennent de fréquentes relations avec des syndicats d’employés ou d’ouvriers : elles se préoccupent, en effet, non pas d’assurer la protection égoïste des intérêts exclusivement patronaux, mais de défendre la profession dans ses divers éléments et conséquemment de maintenir ou rétablir – tout au moins de préparer l’entente entre les syndicats d’employeurs et les syndicats de salariés
Sans compter sur ce que Eugène Flornoy intitule dans son livre la Lutte par l’Association l’Apostolat Intime : « L’importance que l’on attribue à l’efficacité des campagnes électorales est exagérée. Conférences, affiches, circulaires- oserons nous dire parade foraine ? – prodiguées au cours des quelques semaines, n’impressionnent guerre les esprits, c’est un vent de surface qui agite le fleuve mais n’en détourne pas le cours » « Le châtelain le notaire le médecin, le fonctionnaire retraité résumeront aisément la lecture des journaux pour étudier avec une trentaine de braves gens la séparation de l’église et de l’état, l’impôt sur le revenu, l’administration financière, les monopoles, les lois sociales ouvrières ou agricoles.
A cet échange d’idées très simple, très cordial tous les membres du comité de l’Action Libérale Populaire sont aptes. Et les paroles qu’ils diront ainsi dans un cercle restreint, mises à la portée de l’auditoire, répétées sans cesse, auront dans les esprits un écho plus durable que les triomphes oratoires » Cette politique de communication Jacques Piou l’a met en place au sein de ce qu’il appelle des cercles d’études. Son objectif est double bien sûr gagner les élections mais aussi donner un enseignement au peuple, avec en toile de fond une autre idée récurrente de Piou mettre les hommes et les femmes autour d’un table pour qu’ils se parlent et se connaissent mieux.
Les interventions de Jacques Piou à la tribune de la Chambre ou lors de ces nombreuses réunion publiques en provinces contiennent toutes en fond ou clairement exprimées une intense volonté de mettre la liberté au premier plan de ses préoccupations. Une liberté de ton et d’esprit qui le conduit souvent à voter avec ses adversaires politiques, lorsque l’enjeu Utopie, politique vouée à l’échec, oui si l’on constate le résultat produit par cette machine. Jamais il ne parvient à hisser son parti au rang des partis incontournables. Pourquoi les marches du pouvoir se sont-elles dérobées devant lui ?
Simple avis de sadiracais, son pouvoir était immense, (voir action libérale populaire), et son caractère entier, très peu enclin au compromissions sur ces idées. Idées révolutionnaires pour l’époque, et, sur ce point, ses propres amis « de classe » devaient hésiter à rejoindre son camp. Le capitalisme pur et dur pouvait s’interroger lorsque Jacques Piou à la tribune du Congrès de l’Action Libérale Pau en 1903 exprimait sa doctrine sur sa pensée sociale et humaine qui doit diriger les relations entre possédants et déshérités : «Les sociétés industrielles se sont au cours de ces cent dernières années, transformées et démesurément enrichies. Les découvertes de la science, mises en valeurs par les capitaux associés ont créé des miracles et des trésors.
Mais la prospérité sans cesse croissante n’a pas éclairé toutes les intelligences, ni élevé tous les esprits. Beaucoup de bénéficiaires de ce grand mouvement économique ont cru trop facilement ne rien devoir aux ouvriers, leurs auxiliaires nécessaires au delà du salaire librement accepté. L’argent, devenu roi des temps nouveaux, a fondé une aristocratie nouvelle, très entichée de sa supériorité, très convaincue que de grands profits valaient des services rendus au pays et étaient des titres à la prééminence sociale. Le monde du travail, séparé d’elle par un abîme, ne lui est plus apparu que dans un lointain perdu dans un autre hémisphère » Sa probité sans tache, son arrivée tardive à la force de son seul talent, dans le monde de la politique, a fait de lui un homme dangereux pour les professionnels de la politique. Jacques Piou un homme politique très en avance sur son temps.
Il s’efforcera durant toute sa carrière politique de promouvoir un concept étrange pour l’époque la discipline parlementaire. Le sport le plus pratiqué à l’apogée de la IIIème république, la double voire la triple appartenance a des parti politique ou des groupes parlementaires, une des raisons de l’échec de L’ALP qui n’a pu comme beaucoup d’autres partis éviter ce phénomène de « Groupite ».
Lui le champion de l’organisation, du tenant de la discipline facteur essentiel de la réussite voit son parti s’effriter avec le temps. L’Entente républicaine démocratique née en fin 18 et début 19 absorbe les troupes de groupe de l’Action libérale Populaire, et un autre groupe baptisé Action républicaine et sociale tente de rassembler les énergies des jeunes.
L’avocat de Lacordaire Moins connu cet engagement dans le procès de succession de Henri de Lacordaire, n’en est pas moins essentiel pour juger la suite de l’engagement citoyen de Jacques Piou. Les valeurs Qui était Henri Lacordaire ? Né à Recey-sur-Ource (Bourgogne), le 2 mai 1802 Célèbre prédicateur dominicain, il fut le premier et jusqu'à présent le seul moine élu à l'Académie.
En mai 1836, l’abbé Henri Lacordaire part à Rome sans en avertir son évêque a 34 ans et est déjà célèbre pour avoir ouvert en 1831 une école catholique contre la loi française et avoir affronté ses juges qui furent tellement impressionnés par son talent oratoire (il avait refusé un avocat et s’était défendu lui-même) qu’ils le condamnèrent au minimum ; pour s’être soumis en 1832 à la condamnation pontificale du catholicisme libéral sans avoir pour autant renié ses convictions ; pour avoir fait courir les foules lors de ses conférences au collège Stanislas en 1834 (succès qui fit tellement peur qu’elles furent interrompues) puis à Notre-Dame de Paris avec ses conférences de carême (parmi les auditeurs il y avait un certain Chateaubriand).
Catholique libéral, il fut rédacteur au journal l'Avenir de Lamennais Ce titre affichait comme devise, « Dieu est la liberté ! », et les collaborateurs avaient une ambition réconcilier les aspirations libérales et démocratiques du peuple et de la bourgeoisie avec un catholicisme romantique et ultramontain: prônant la séparation de l'Église et de l'État, ils célébraient avec exaltation la souveraineté du pape en matière religieuse, celle du peuple en matière civile il eut des procès de presse, fut blâmé par Rome, député de la Constituante en 1848. L’Église catholique de France légitimiste, gallicane et réactionnaire, majoritairement attachée à l'union du trône et de l'autel. ne le voyait pas de cet œil.
L'aventure, puis la condamnation de l'Avenir par le pape Grégoire XVI le 15 août 1832 (encyclique Mirari Vos), représentent, de manière exemplaire, un espoir, puis l'échec d'une tentative de renouvellement et d'adaptation du catholicisme au contexte des sociétés européennes postrévolutionnaire. Il fut élu le 2 février 1860 à l'Académie par 21 voix il succède au comte de Tocqueville.
Avec cette élection l’Académie affirme son désaccord avec la les remous suscités par l'attitude de Napoléon III devant les problèmes de l'unité italienne et du pouvoir temporel de Pie IX, ce qui excita la colère de Sainte-Beuve et de ses amis Le Père Lacordaire fut reçu le 24 janvier 1861 par Guizot, il y eut le jour de cette réception, 6000 demandes de places pour 1500. L'Impératrice y assistait ; la rencontre du calviniste et du moine était fréquente, et Guizot la fit ressortir dans son discours en rappelant que trois siècles plus tôt, c'eût été devant le bûcher que le dominicain et le huguenot se fussent rencontrés; Guizot avait été un des plus ardents promoteurs de cette candidature. Lacordaire ne siégea à l'Académie qu'une fois. « Il est assurément le prédicateur de nos jours qui, aux yeux de ceux qui observent et admirent plus encore qu'ils ne croient, se montre à la plus grande hauteur de talent. » (Sainte-Beuve, I)
Mort le 21 novembre 1861 Ce trublion, ou ce sauvageon de la société française, fit sortir de leurs gonds plusieurs structures et non des moindre avec en premier lieu le pape et l’Eglise qui lui fit un procès en bonne et du forme. Une mise au banc des accusés, comme on sait les faire dans organisations centralisées. Le parcours politique de Jacques Piou, présente de nombreuses analogies avec l’attitude et le positionnement de Lacordaire. Indépendance, modernisme, séparation de l’église et de l’Etat. Une pensée proche reliait les deux hommes.
Jacques Piou intervient dans le procès de la succession du Père Lacordaire. Plusieurs partis revendiquaient les biens de celui qui a recrée l’ordre des Dominicains. La République bien sûr, mais aussi le propre frère de Lacordaire Léon. Au bout d’un procès qui dure plus de 15 années et dont Jacques Piou assurera la défense des Dominicains ceux ci finiront par conserver dans la communauté les biens acquis par Lacordaire. Autant il s’efforce de défendre ses amis catholiques lorsqu’ils sont privés de liberté, autant il admet le droit identique à ses contradicteurs.
Piou le Sadiracais
C’est mon Grand Père qui parlait le mieux de la vie au Château de Tustal. Une vie d’un autre temps, par son décorum et son organisation elle provoquait chez moi, l’image d’un monde proche de celui d’une cour organisée autour du Seigneur. Sissi impératrice à la Sadiracaise.. Ses impressions recueillis dans les années 1970, touchaient de près la fin de ce règne, avant 1939, suranné à l’organisation archaïque organisé autour d’un personnage central Jacques Piou. Il me racontait avec une pointe de fierté contenue que Jacques Piou avait lors d’un dîner dans un grand restaurant de Bordeaux expliqué à un sommelier imprudent que le vin du Château Tustal contenu dans son verre n’avait rien de sadiracais. Pour lui faire comprendre son erreur (ou pas) il avait expliqué à ce brave monsieur que le propriétaire du château Tustal était devant lui, à ce titre il connaissait parfaitement son vin….
Une remarque suffisante pour que la bouteille soit rapidement changée.
La lutte des classes
prenait des chemins détournés et surtout masqué. Ma mère raconte une anecdote très significative de cette période. Le lieu de rendez-vous majeur et incontournable de cette époque 1930 restait la messe.
Les enfants du château Tustal assistaient à l’office nantis de superbes chapeaux.
Devant cette affichage incomparable d’un rang social différent, la femme de l’instituteur Madame Vasseur, a confectionné pour ma mère un chapeau apte à faire concurrence aux symboles de la bourgeoisie sadiracaise Monsieur Chastel lui était chargé de remonter les mécanismes de la totalité des pendules du Château. Un travail bizarre, mais indispensable, surtout que Jacques Piou avait acquis une certitude sur la qualification de Chastel pour ce travail. . Sans son coup de poignet touchait le sacré et la perfection , il était le seul capable de donner aux nombreuses pendules du Château l’ énergie indispensable a leur fonctionnement correct. Impliqué dans la vie politique nationale Jacques Piou se devait d’être parfaitement renseigné sur l’actualité. Aussi n’a t-il pas manqué de faire installer sur le toit de son château une énorme antenne de TSF.
Son petit fils se souvient de cette installation visible sur quelques cartes postale de l’époque.
Jacques Piou Maire de Sadirac
Quelques Travaux réaliés sous la mandature de Jacques Piou devenu en Maire de Sadirac 1912 1913 rénovation école des filles Construction de la Grille ceinturant la Mairie –et de l’école des Garçons 1904 Conseil Municipal Legrix de la Salle, Maire Duran, Pellé, Martin, Goumin, Coussillan, Gonnin, Monsion, De Boisredon, Gas, Jeandreau, Jacques Piou.1921 L’Ecole des Filles est au bourg Conseil municipal 1920Piou, MaireGoumin, Colonel Maronneau, de Neuville, Gonnin, Monsion, Duprat, de BoisredonCoussillan, Jeandreau La commune compte 1019 habitants Composition du Conseil Municipal 1922 Jacque Piou, MaireGoumin, Marroneau, de Neuville, Monsion, de Boisredon, Heraud, Coussillan, Jacques Piou Agriculteur Plus gros propriétaire de Sadirac, Jacques Piou, n’est pas resté indifférent à la cause des agriculteurs Girondins et plus particulièrement aux viticulteurs.Il fut président de la Société d ‘Agriculture de la Gironde ?????? Son activité touche en particulier deux domaines. La coordination des moyens mis en œuvre pour combattre une des maladie de la vigne le Black-rot et sur le plan économique la lutte contre la fraude dans les ventes de vins.Il fut le contemporain de Ulysse Gayon le plus brillant des élèves de Pasteur et inventeur de la bouillie bordelaise.
La vie au Château Tustal sous Jacques Piou
Pierre Durand, aujourd’hui disparu, raconte dans la Journal Sadirac Info de 1996 quelques moments de vie dans cette propriété.« Mes grands-parents et parents travaillaient au Château et à Jos (partie de terrains agricoles sur Madirac). Il y avait 63 810 pieds de vigne ainsi que des vaches et des chevaux. Tout était entretenu à la main. En rentrant de l’école, il fallait partir au champs pour garder les oies et ramasser l’herbe pour les lapins. Le femmes faisaient des fagots de bois pour les feux de cheminée.Monsieur Piou, Maire de Sadirac et député de la Lozère propriétaire du Château Tustal faisait vivre les trois quarts de Sadirac en domesticité et employés agricoles. Les vendanges duraient 25 jours, avec plus de 200 personnes.
Les saisonniers passaient et étaient employés à la journée pour faucher les bordures les lisières. Chaque jour après la traite, le laitier de Créon passait pour le ramassage du lait… »
Tentative d’assassinat
On dirait aujourd’hui, la veille du week-end, dans les années 1900 on parle de nuit du vendredi au samedi. C’est à ce moment là que se déroule un drame titré par le journal La Petite Gironde comme une tentative d’assassinat à Sadirac. Faisant suite à des bruits suspects proches du bureau de Jacques Piou entendus le jeudi, par Madame Piou, celle ci questionna l’ensemble des domestiques du château. Une réponse négative sanctionne son interrogation, personne n’a circulé en cet endroit du Château. Mais le lendemain juste après minuit, l’épouse du député de Lozère fût attaquée par un homme armée d’une matraque tête de plomb. Cinq coups sur la tête, assénés en plein sommeil, ce qui eu le don de la réveiller… et de permettre à Mme Piou de crier. Alerté son mari saute de son lit situé dans la chambre voisine et accourt lorsqu’il reçoit a son tour trois coup de matraque. Cette intrusion donne du temps à madame Piou pour allumer la lampe électrique située à la tête de son lit. Cette clarté soudaine lui offre l’occasion de visualiser l’agresseur, un homme de taille moyenne vêtu de bleu. Notre homme perturbé prend la fuite par une fenêtre en rejoignant la terre ferme accroché à un lierre tapissant le mur du Château. Les motivations de cette attaque sont claires, à l’étage ou elle a lieu se trouve le coffre fort du château.
Depuis le mardi soir il contient une somme très élevée nécessaire au fonctionnement de la propriété durant tout le mois. Le mobile de ce crime connu, il reste aux gendarmes à trouver le coupable. L’affaire est vite élucidée, Jacques Piou homme aux idées sociales avancées pour son époque, met en pratique ses concepts politique dans sa vie de tout les jours. Parmi les employées de son château plusieurs personnes recommandées par… l’évêché de Bordeaux. Et en fait l’une d’elle a abusé les responsables de cette institution, en se faisant passer pour un handicapé et un cas social.
En réalité il sort de prison et, il simule à longueur de journée un problème physique au bras. C’est lui le responsable de l’agression. Pour l’anecdote, la fameuse matraque abandonnée par notre Lupin, est toujours en possession des descendants, actuel de la famille Piou, le Conte et la Contesse d’Armaillé.
Chantons
Les enfants se donnent la main pour former une ronde. Ils tournent en chantant " Dansons la capucine, y'a plus de pain chez nous, y'en a chez la voisine, mais ce n'est pas pour nous. Piou ! ". En prononçant, " Piou ! ", les enfants s'accroupissent tous en même temps sans se lâcher les mains. Ceux qui perdent l'équilibre ont perdu.
(Document communiqué par Mr JJ Saldat – Meaux)
A Saint Augustin
Les obsèques de M Jacques Piou ont été célébrées le 10 mai, en l’église Saint Augustin.
La cérémonie a été présidée par SE Mgr Maglione, nonce apostolique qui a donnée l’absoute.
La levée du corps a été faite par Mgr Jouin curé de la paroisse.
Dans le cœur, également, avaient pris place :
Mgr Chaptal, représentant SE le cardinal archevêque Verdier en voyage à Rome ; Mgr Buadrillart, recteur de l’institut catholique ; Mgr Crépin, auxiliaire de Paris et R.P Janvier.
Le deuil était représenté par Mme Jacques Piou ; M C Guyot de Villeneuve, sa fille ; M Pierre Guyot de Villeneuve ; le marquis et la marquise de Panisse-Passis ; le comte et la comtesse Jacques d’Harcourt, le comte et la comtesse Joseph d’Armaillé, ses petits enfants et par ses arrières petits enfants.
Une immense affluence, appartenant aux milieu les plus divers, politique, littéraires, agricole, industriel, mondain remplissait la grande nef de Saint Augustin témoignant de la vénération dans laquelle toutes les classes de la société tenaient l(illustre défunt.
A Sadirac
Un service religieux a eu lieu le surlendemain (12 mai 1932) à Sadirac – Gironde-
De l’entrée de la commune le corps fut porté à l’église.
En tête la croix.
Venait ensuite, avec leurs bannières et leurs drapeaux tricolores les sociétés philarmoniques, de secours mutuel, etc…
Puis le clergé et les membres de la famille.
Puis la longue file des amis que suivaient en interminable théorie – hommes et femmes - tous les habitants des alentours, tous les fermiers, tous les vignerons, tous les paysans, réunis dans un même sentiment d’affection et de reconnaissance.
Les cordons du poêle étaient tenus par M Duprat, maire de Sadirac : M Ballande ancien député de Bordeaux ; le baron de Boisredon président de la Société de Secours Mutuels ; M Monsion, président du Conseil paroissial; M Bernard Blanchy, délégué par la Société d’Agriculture ; M Charrier, président de la Société des Camarades de Combats.
Tandis que les cloches de vieille église sonnaient tristement…
S.E le cardinal Andrieu étant malade avait chargé M le vicaire général Domecq-Cazaux de le représenter et avait écrit une lettre qui fut lu en chaire par M l’abbé Peyrolle, curé de la paroisse. Cette lettre qui adressait à M Jacques Piou un dernier adieu, formulait dans des termes incomparables, un magnifique hommage à sa mémoire et fut écoutés avec un recueillement et une ferveur indescriptible.
L’Abbe Bergey, ancien vicaire à Sadirac, ancien député de Bordeaux, célébra la messe et sut trouver les mots qu’il fallait pour évoquer la prestigieuse figure et la carrière de M Jacques Piou, auquel l’unissait une ancienne et indéfectible amitié.
Il ne dissimula pas son émotion, en disant – avec son éloquence superbe- ce qu’avait été le tribun catholique.
-Avant tout un français et un Chrétien. Un homme qui ne désespéra jamais des destinées de la patrie
- Un chef, dont le pays aurait dû plus souvent écouter les sages et patriotiques conseils.
- Un cœur, c'est-à-dire un ami pour les travailleurs, pour tous les humbles
- Une volonté …c'est-à-dire un chef
- Une conscience …c'est-à-dire, un apôtre.
- A la sortie, le corps fut porté devant le porche de l’église où furent prononcés les discours,.
M Bernard Blanchy parla au nom de la Société d’Agriculture de la Gironde, dont Jaques Piou était président d’honneur, le baron de Boisredon, au nom de la Société de Secours Mutuels ; M Charrier au nom de la Société des Combattants.
L’inhumation eut lieu dans la sépulture de la famille où repose pour l’éternité, escorté du pieux souvenir de tous, le chef que nous pleurons.
*En 1887 éclate le scandale des décorations : le gendre du président, Daniel Wilson étconvaincu de trafic d'influence. Il vendait des fausses légions d'honneur. Les chambres contraignent alors Grévy à la démission le 2 décembre. Cette affaire a contribué à l'agitation nationaliste. Jules Grévy meurt le 9 septembre 1891 Mont-sous-Vaudray. Il reste le symbole de la mise en place des idées républicaines dans les institutions politiques, et dans la manière d'exercer la fonction de président de la république. A la fin de sa vie, Jacques Piou écrit plusieurs ouvrages dont l’intérêt historique est indéniable : La Vie publique du comte Albert de Mun, le ralliement et son histoire, et enfin, D’une guerre à l’autre, qui venait de paraître lorsqu’il mourut le 12 mai 1932, âgé de 94 ans .Son œuvre politique est complétée avec la publication de nombreux articles parrus dans la quasi totalité des journaux de l'époque.
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