Le Patrimoine Sadiracais.
Une simple argile bleue et Sadirac devient "riche"
Sadirac recèle de très nombreuses richesses. La plus ancienne trouve son origine dans la terre même de la commune. Les hommes ont depuis des siècles exploité l’argile et fabriqué des ustensiles en terre cuite, vaisselle, tuiles, tuyaux,, et aussi des outils spécifiques à l'industrie sucrière. Ces produits manufacturés alimentent la ville de Bordeaux, le transport, utilise les voies terrestres, et maritimes, un port sur la Garonne, du côté de Quinsac sert d'embarcadère vers la grande ville. En parallèle l’activité porte sur la vigne, les moulins à eau installés sur les bords de la Pimpine, ou un moulin à vent, fabriquaient de la farine. La baisse des ventes de poterie débute avec fin de la guerre de Cent ans, une première conséquence fut la fin du commerce avec les anglais. Un autre événement contribue au déclin des potiers Sadiracais, la fabrication d'ustensiles de cuisine en fer émaillé.
Sadirac et ses viticulteurs subirent de plein fouet la crise du Phylloxéra (1869).
L’implantation de l’Eglise, dont la Charpente est classée monument historique ainsi que la Croix gothique, montre une très forte vie communautaire dans cette petite commune. Des vestiges de fortifications restent présents sur la partie la plus ancienne. Quelques ouvertures créés pour le passage d'armes à feu, sont à découvrir.
Une histoire humaine très riche- Sarrazin et Louis XIII, Pierre Justin Fouragnan, Journu-Aubert, Jacques Piou et la Troisième République,. Georges Lefévre et la Croisière Jaune.
La Poterie Sadiracaise
A Sadirac, comme dans tout l'Entre-deux-Mers, il existe une production céramique depuis l'Antiquité, et jusqu'au XIII° siècle, les potiers utilisent dans un premier temps un mélange fait de limon jaune, prélevé en surface et d'argile bleue plus tard. Cette terre jaune est bonne pour faire des tuiles, mais contient trop de petits cailloux et n'est pas assez souple pour la fabrication des pots. La solution industrielle vient en un mélange que l'on peut comparer aux composites actuel il s'agit d'exploiter une belle argile bleue, souple et fine qui se trouve en dessous des couches de limon jaune.C'est à partir de la fin du XIII° siècle, que les potiers de Sadirac mélangent dans des proportions variant en fonction des réalisations, cette terre jaune et l'argile bleue plus profonde. L'argile bleue donne la plasticité, la jaune le maintien. Et c'est à partir d'un banc d'argile exploité depuis le XIII ème.
L'activité potière Sadiracaise connaît un essor considérable au XIV siècle, a cette époque se développe un véritable centre artisanal au lieu dit Sableyre, sur lequel travaille une dizaine de familles de potiers. Chaque atelier, installé à proximité d'une fosse d'extraction d'argile, possédait plusieurs fours. Au XVIII° siècle le nombre de potiers sur la commune ira croissant pour atteindre 150 à la fin du siècle. Un homme joue un rôle essentiel c’est le successeur de Jacques Sarrasin, Pierre Fouragnan, Il affine les procédés de fabrication, met en place des circuits d’exportation vers Bordeaux et l’étranger (Canada). Epoque prospère où Sadirac est le principal fournisseur des raffineries portuaires de sucre de canne, raffineries alors nombreuses à Bordeaux.. A cette période, la production Sadiracaise se répartit comme suit : 1/3 de cruches1/3 de vaisselles de table 1/3 de pots à mélasse et de moules à pain de sucre XIX° siècle le mode de production familiale tend à disparaître pour laisser la place aux fabriques de poterie..Le remplacement du sucre de canne par le sucre de betterave contribue, avec l’arrivée des ustensiles en fer, au déclin de la poterie Sadiracaise XX° siècle Les fabriques périclitent à leur tour. Il en reste seulement quatre en activité après la seconde guerre mondiale. MONSION, ROY, DULUC, DUVERNEUIL, en furent les propriétaires. Citons également Jean COUDERT, tourneur exceptionnel, meilleur ouvrier de France en 1936
La Poterie Monsion
Au 18e siècle, la poterie des Monsion travaille directement pour les raffineries de sucre bordelaises. Elle fabrique des moules à pain de sucre, formes coniques dans lesquelles le sucre cristallise. Le four est déplacé après 1818 et reconstruit plus près du séchoir, en 1883, par la famille Monsion. Vers 1900, l'atelier se modernise pour produire des poteries horticoles et des tuyaux de drainage agrandissement de l'atelier de fabrication et installation d'un Decauville. Léandre Milié, ancien cadre de la poterie Fouragnan située au bourg (aujourd'hui transformé en Musée) dont le four est arrêté, vient offrir ses services à Monsion en tant qu'ouvrier. En 1914, sur les 6 ateliers restant en activité, un seul produit encore de la céramique glaçurée au manganèse, tous les autres se sont orientés vers la céramique horticole.

La production sera ensuite mécanisée. Le four s'éteint définitivement Four à bois; machine à vapeur remplacée par une machine à gaz pauvre puis en 1920 installation d'un moteur à essence et en 1930 d'un moteur électrique. 1923 : mouleuse mécanique, remplacée en 1963 par une mouleuse électrique. 6 personnes travaillaient à la poterie. Le matériel :four: foyer enterré, laboratoire carré en pierre calcaire avec parement en brique plate, sole plate; la mise hors d'eau du four à ciel ouvert s'effectue par glissement du toit sur des poutrelles métalliques. Atelier de fabrication et pièce de séchage en bois et brique, couverts en tuiles creuses. Logement patronal en pierre et tuiles creuses en couverture. Surface du site en m2 : 4000.Ce site est visible de l'extérieur les ouvertures sont murées avec des parpaings. Il n’appartient plus à la famille Monsion.qui à donné un Maire à la Commune de Sadirac dans les années 1938 - 44.
Poterie du Bourg
Construite vers 1830, la poterie du bourg a pour principaux clients les raffineries de sucre. L'implantation de très nombreuses poteries à Sadirac date des 17e et 18e siècles. Elle s'explique par la qualité et l'abondance de l'argile sur le territoire de cette commune. Les ateliers s'installent surtout pour répondre aux besoins des raffineries de sucre de Bordeaux et de Nantes. A leur demande, on fabrique en nombre les " pains ", formes coniques dans lesquelles le sucre cristallise, et les " recettes "pour stocker la mélasse. Une centaine d'ouvriers travaillent dans une quarantaine d'ateliers jusqu'en 1835. Mais, avec le déclin des raffineries, lui-même lié à celui des activités portuaires, Sadirac voit le nombre de ses ateliers diminuer sérieusement jusqu' à ne plus compter que 6 fours en activité, avant la Première Guerre mondiale. Construit par Pierre Justin Fouragnan, l'atelier du bourg est dirigé successivement par les potiers, Jacques Roques en 1874, puis en 1886, par Léandre Milié. Le four est construit en 1838 et restauré en 1890. Vers 1860, la production s'oriente vers la poterie à usage domestique et celle des pots à résine. A cette période, l'usage du tour à pédale se généralise. L'activité se maintient jusqu' en 1901. Elle fut transformée un temps en atelier de menuiserie (tenue par Maxime Cordes). Un incendie détruit le batiment se fût l’occasion de redécouvrir les restes de ce patrimoine. Le musée de la céramique sadiracaise est construit autour des vestiges de l'atelier de fabrication et du four. Four à bois, de plan carré, foyer partiellement enterré, sans mur de refend; l'ouverture du foyer est à angle droit avec celle du laboratoire
Poterie Roy, Duluc, Sudri
Poterie Duverneuil
Poterie Coudert
De Sarrazin à Fourragnan
Le premier dont nous ayons le nom est Sarrazin potier de terre en 1615, car il donna l'hospitalité à Louis XIII qui le remercie en l'affranchissant de toutes redevances et lui permit de mettre une fleur de Lys sur sa porte, la maison existe toujours dans le bourg de Sadirac elle porte le nom.de" Domaine de Labadie".Ce potier mouru en 1622, mais les Sarrazin fabriquèrent de la poterie jusqu'au XVIII. Leur production, en 1732, était essentiellement axée sur l'industrie sucrière pour laquelle il fabriquait de moules. Un commerce qui transitait par La Rochelle et partait également vers les Colonies. Un certain Gounine y fût potier, Son fils Marc Bernard alla travailler à Bordeaux
Les premiers potiers de terre identifiés sur Sadirac sont :
En 1580 Jehan Marsan (Duboys fol 184)
En 1589 David Raymond (Donas fol 126).
En 1766, Sarrazin fils entrait en apprentissage chez Hustin
En 1751, Jean Lavergne tourneur chez Hustin s'établit potier à Sdirac. Il faisait de la faïence grise.
En 1762, il demande une licence pour faire de la faïence blanche et l'obtint.
Elie Sansine y fut potier de terre en 1753-1782.
En 1763 Elie Lostreille, dit le Petit, y était potier, il prit¨Pierre, fils de Jean Arnaud, en apprentissage.
En 1765, Etienne Rives y était marchand potier de terre, Pierre Chatellier, potier de terre, ainsi que Guillaume Galant, dit Ganibette, et Bertrand Daribaud et Pierre Boulan, en 1767 Bernard Goumin.
En 1767, Jean, Etienne, Benard Goumin faisait de la poterie. Jean mourait en 1792.
En 1771, Jacques Pradel et Nicolas Charron tous deux ouvriers potiers partent s'établir à Saint Domingue.
En 1774 Bernard Sarrazin était Potier.
En 1795 Pierre Ribeyrot y était faïencier
En 1797, Bernard faisait aussi de la Faïence ,Gérome Ducros y était marchand Potier.
Au cours du XIX siècle Prosper et Geoffroy y furent faïencier.
En 1843, la poterie appartient à Pierre Justin Fourragnan (qui fût mair de Sadirac) on y fabrique des tuyaux de tous les calibres.
A cette date il y avait 30 fours consacrés à la poterie et 2 à la faïence. 83 ouvriers et 300 manoeuvres y étaient êmployés. La production consistait en des vases de ménage, en forme pour le raffinage de sucre
En 1874, 80 ouvriers fabriquaient des pots à ménage bruts ou vernissés des tuyaux et des formes à sucre.
En 1874, Goumin Gabriel était potier à Menusey, et Jean au Ruzat.
Au cours du XIXème siècle, Allegret, Constantin, Coquet, Dums, Roques, Noiselleau, Ribeyrotte, Monsion, Roux, Lameyrat, Fontaneau, Gros, Mandouce, Bellety furent potiers
Au début du XXème siècle, Allegret, Dumas, 3 Monsion, J Monsion, Roux, y faisaient toujours de la poterie..
(informations communiquées par Léon Roy )
